• Zong Qinhou, l'homme le plus riche de Chine

    Le patron du groupe alimentaire Wahaha, qui s'est violemment opposé à Danone, aime à dire qu'il a «gagné chaque sou».

    De notre correspondant à Pékin

    L'homme le plus riche de Chine met de l'eau en bouteilles et a un jour mis les Français de Danone en boîte. Zong Qinghou, patron du groupe agroalimentaire Wahaha, vient d'être désigné comme la plus grosse fortune du pays par deux classements, celui de Forbes et celui de Hurun. Le premier estime sa fortune à 10 milliards de dollars, avec 3,5 milliards d'augmentation en un an. Le second l'évalue à 12,5 milliards de dollars.

    Il aime à dire que s'il est riche, il a «gagné chaque sou». Son histoire est de celles que la Chine aime, un homme parti de presque rien pour bâtir un empire. Ses débuts dans la vie ne furent pas douillets. Zong Qinghou est né en 1945 à Hangzhou, dans la riche province côtière du Zhejiang. Mais la Chine maoïste fait payer à la famille la trajectoire du grand-père, haut fonctionnaire sous l'ancien régime. «L'origine familiale de mon père n'était pas bonne, c'était assez difficile sur le plan économique», a confié le milliardaire dans un livre. La famille vit sur le salaire de la mère. Au début des années 1960, le jeune Qinghou commence à travailler à la campagne.

    Quand Deng Xiaoping lance les grandes réformes, il saisit sa chance. Il est alors à la tête d'une entreprise collective dépendant d'une école, reprise avec deux retraités. En quelques années, il va la transformer en empire chinois des boissons.

    De solides réseaux

    Zong Qinghou connaît vite un immense succès en lançant une boisson lactée censée être bonne pour la santé des enfants. Plus tard, il inondera le pays d'un coca chinois. En 1996, il noue un partenariat avec Danone. Au début, les choses se passent bien et ils deviennent leaders du marché. Puis, elles se gâtent. Les Français reprochent à Zong d'avoir créé à côté une vingtaine de compagnies indépendantes, vendant exactement les mêmes produits que leurs coentreprises… La saga judiciaire est sanglante.

    Cet homme au physique massif est direct et même parfois brutal. Zong n'hésite pas à jouer sur les ressorts nationalistes, dénonçant des prédateurs étrangers qui ne savent que menacer les Chinois. Il va même jusqu'à faire le parallèle avec l'époque coloniale, affirmant avoir dit à Danone que «la Chine était maintenant debout et que l'époque des invasions était révolue». Le litige s'est soldé «à l'amiable» en 2009, les Français devant céder à leur ex-partenaire les 51% qu'ils détenaient dans leurs entreprises communes.

    Membre du Parti communiste, délégué au parlement chinois, Zong Qinghou a de solides réseaux. Il reste discret sur son train de vie. Tout cela ne l'a pas empêché d'être au cœur de sulfureuses polémiques, suspecté notamment d'évasion fiscale. Dans une plainte, Danone ne s'était d'ailleurs pas privé de glisser que le milliardaire avait une entreprise enregistrée aux Îles Vierges britanniques et que sa fille avait un passeport britannique.


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