• Les salafistes, le casse-tête d'Ennahda en Tunisie

    Tensions en Tunisie où des salafistes ont enterré jeudi 1er novembre un des leurs, tué par la police alors que la police réclamait davantage de moyens pour lutter contre l'insécurité. Dans ce contexte, la présidence de la République a décidé de prolonger l'état d'urgence de trois mois, jusqu'en janvier 2013. Le gouvernement, dominé par les islamistes du parti Ennahda, promet la fermeté, mais certaines voix dénoncent le laxisme des autorités.
     

     

    Ses amis sont venus chercher sa dépouille ensanglantée à la morgue d'un hôpital de Tunis. Par centaines, ils lui ont ensuite rendu un dernier hommage pour de son enterrement dans son quartier de Douar hicher, banlieue déshéritée de Tunis qui s'est embrasée les nuits de samedi et dimanche dernier. C'est là, dans des affrontements avec la police que Khaled, 25 ans, muezzin de la mosquée salafiste Ennour, a été tué, touché par une balle de police, tout comme l'imam de cette mosquée. Ses fidèles accusent le pouvoir de vouloir les déloger par la force. «Plusieurs fois il y a eu des tentative pour nous éloigner de notre mosquée, pour s'emparer de notre mosquée. Il y a même eu des conflits déjà, pourquoi ? Parce que cette mosquée est stratégique, elle est au milieu d'un quartier populaire, mais dans un quartier pareil, c'est la voix de la religion que les gens préfèrent entendre

    Entre les jihadistes et islamistes modérés le divorce est désormais consommé. Depuis l'attaque de l'ambassade américaine de Tunis, le gouvernement a lancé une vague de répression contre les salafistes. En réponse, jeudi soir en direct sur la chaîne la plus regardée du pays, le nouvel imam de la mosquée Ennour a lancé des appels au jihad contre le parti Ennahda et son ministre de l'Intérieur taxé de «mécréant».

    Le pouvoir tente de rassurer

    Le pouvoir l'assure: il va serrer la vis face aux attaques des militants salafistes. Selon le ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité vont désormais recourir «à tous les outils permis par la loi». Un discours ferme qui satisfait Souad Abderahim. Cette députée du parti Ennahda minimise les problèmes d'insécurité en Tunisie : «Je pense que malgré ces manifestations, ces accidents qui arrivent, la sécurité s’est beaucoup améliorée depuis la révolution… on n’a pas senti de régression

    Pourtant au sein de l'opposition, de la société civile, les critiques fusent contre le ministre de l'Intérieur, membre d'Ennahda. Pour Ahmed Brahim, président du parti Al Massar, «la Voix démocratique et sociale», la prolongation de l'état d'urgence est un constat d'échec: «effectivement, cela montre bien que cette question de la sécurité reste encore encore posée. Il faut que les évènements que l’on a vu ces derniers temps soient une leçon pour ceux qui ont fait montre de trop de mansuétude, trop de compréhension parfois même de complicité à l’égard de groupes salafistes violents.»

    Et pour Ahmed Brahim comme pour l'Union générale des travailleurs de Tunisie, la solution serait de confier le ministère de l'Intérieur a une personnalité apolitique.

     

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    secrétaire général adjoint de l'UGTT

    02/11/2012
    par Charlotte Idrac
     
     
    rfi.fr
     

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