• Les moutons roumains sèment le trouble en Tunisie

    Pour casser la hausse des prix avant les fêtes de l'Aïd, le gouvernement tunisien a importé 100.000 ovins de Roumanie. Qui sont vite apparus suspects.

    Envoyé spécial à Tunis

    Les histoires de moutons roumains commencent à empêcher les Tunisiens de dormir. En important quelque 100.000 ovins des Carpates, le gouvernement de Tunis cherchait à casser la hausse sur les prix de ce ruminant traditionnellement consommé en famille lors de la fête de l'Aïd, qui débute vendredi. Mais la mort de plusieurs bêtes importées a suscité des craintes que le ministère de l'Agriculture a tardé à dissiper.

    Le mouton roumain se vend entre 280 et 350 dinars, alors que le tunisien s'échange entre 350 et 500 dinars. Revendeurs et intermédiaires ont été les premiers à expliquer que l'ovin des Carpates ne valait pas celui de la Méditerranée. Puis une rumeur a enflé sur les réseaux sociaux, particulièrement actifs en Tunisie, après la découverte de plusieurs moutons roumains morts. Quinze carcasses ont été retrouvées mardi par des promeneurs sur les plages d'Hammamet.

    Des phoques

    Un chargé de communication du ministère de l'Agriculture, croyant noyer le poisson, a imprudemment expliqué qu'il ne s'agissait point de moutons mais de phoques. Cette bévue n'a eu pour effet que de relancer les suspicions. Sur la Toile, il était dit depuis plusieurs jours que la viande de ces ovins des Carpates était impropre à la consommation, car ils avaient été vaccinés juste avant leur départ de Roumanie. Les effets nocifs des médicaments ne pourraient en conséquence disparaître qu'en novembre 2012.

    Le directeur général des services vétérinaires dépendant du ministère de l'Agriculture a finalement fait toute la lumière sur ces histoires de moutons roumains. Il a certifié que ces ovins avaient été vaccinés début septembre, ce qui les rend comestibles «trois semaines après le traitement, soit après le 29 septembre». Il a ensuite reconnu qu'un bateau transportant 10.000 moutons de Roumanie avait bien récemment passé 35 d'entre eux par-dessus bord. «Le capitaine, a expliqué le fonctionnaire tunisien, a été obligé de les jeter à la mer, afin de préserver la santé du reste du troupeau».


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