• Cameroun: nouvelle peine de 20 ans de prison pour l’ancien ministre Edzoa et le Français Atangana

    Par Ursula Soares

    Le verdict est tombé ce jeudi soir, 4 octobre 2012. Titus Edzoa, ancien personnage clé du régime camerounais et le Français d’origine camerounaise, Thierry Michel Atangana, ont été condamnés à une nouvelle peine de 20 ans de prison ferme ainsi qu’à payer, solidairement, plus d’un milliard de FCFA (1,7 million d’euros) à l’Etat du Cameroun. Ils ont été reconnus coupables de détournements et tentative de détournement de 59,4 milliards de FCFA (90 millions d’euros). La famille et les avocats des condamnés dénoncent un procès politique.

     

    Selon leurs avocats, les deux hommes devraient purger 5 ans de prison ferme car ils sont emprisonnés depuis 15 ans – une peine qu’ils ont justement fini de purger cette année. En 1997, ils avaient déjà été condamnés à 15 ans de prison, dans le cadre d’une autre affaire, pour des faits similaires.

    C’est aussi de cette même année - 1997 - que date le mandat de détention provisoire pour la procédure au sujet de laquelle le jugement a été rendu ce jeudi. D’où, l’espoir de Maître Patrice Mbuny, un des avocats de Thierry Michel Atangana, de voir les deux hommes sortir de prison dans 5 ans. Joint par RFI, il souligne également que d’ores et déjà, les avocats des condamnés – qui ne reconnaissent pas les faits – comptent exercer leur recours et se pourvoir en cassation.

    Maître Patrice Mbuny

    Un des avocats de Thierry Michel Atangana.

    Si l’on s’en tient au calcul, ils n’ont plus que cinq ans à passer en détention.

     

    05/10/2012 par Sarah Sakho

     

    L'ancien ministre camerounais des Postes et Télécommunications Isaac Njiemoun a, lui, été condamné à 10 ans de prison alors que le quatrième accusé, Dieudonné Mapouna, ancien secrétaire particulier de Titus Edzoa, a été acquitté.

    « Un procès politique »

    Les avocats et les familles de Titus Edzoa et de Thierry Michel Atangana dénoncent un procès politique car pour eux, ce procès est étroitement lié aux ambitions présidentielles de l’ancien ministre camerounais.

    Professeur agrégé en chirurgie, Titus Edzoa, aujourd’hui âgé de 67 ans, a été, de 1985 à 1997, un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, dont il était un proche. En avril 1997, il a démissionné de ses fonctions ministérielles et annoncé sa candidature à la présidence. Quelques semaines après, il a été arrêté puis jugé lors d’un procès pour des malversations présumées, écopant de 15 ans de prison. Titus Edzoa a toujours déclaré qu’il s’agissait d’une «conspiration politique».

    Contactée par RFI, Geneviève Edzoa, l'épouse de Titus Edzoa, dit sa fatigue, sa tristesse et sa surprise devant une telle peine.

    Geneviève Edzoa

    Epouse de Titus Edzoa.

    C’est une justice qui est téléguidée ; c’est une mascarade ; c’est un acharnement.

     

    04/10/2012 par Christine Muratet

     

    Quant à Thierry Michel Atangana qui clame lui aussi son innocence, il payerait, selon ses proches et ses avocats, sa proximité avec l’ancien ministre. Présenté comme le futur directeur de campagne de Titus Edzoa – même si celui-ci ne l’a jamais confirmé – le Français Atangana, 48 ans, a lui aussi été condamné, en 1997, à 15 ans de prison. Trois ans auparavant, en 1994, il avait été envoyé au Cameroun par son employeur, le groupe français Jean Lefebre, pour des projets routiers. C’est alors qu’il s’est vu confier, par la présidence camerounaise, la direction d’importants travaux publics.

    Le verdict, dans cette deuxième affaire, avait été reporté à plusieurs reprises, la dernière fois, en septembre 2012, pour cause de maladie d’une des trois juges affectées au procès. Maître Rémy Brousse, avocat de Thierry Michel Atangana se disait alors très étonné de ce nouveau report et déclarait, sur RFI, que le tribunal semblait «mal à l’aise pour rendre sa décision» et qu’il cherchait soit «à gagner du temps» à moins qu’il ne soit «pris en tenaille entre sa conscience et ce qu’il sent être son obligation vis-à-vis des autorités camerounaises» avait ajouté Maître Rémy Brousse.


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